Articles avec #musee roger-quilliot

Jules Chadel, nature & mouvement

8 Novembre 2015, 20:51pm

Publié par AMA

L'exposition, tant attendue, consacrée à cet artiste japonisant du début du XXe siècle a enfin commencée au Musée d'Art Roger-Quilliot.

Mais cela valait la peine d'attendre...

Si, dans un premier temps, elle ne devait relever que du petit cabinet d'art graphique, elle a pris une toute autre ampleur grace à Amandine Royer. La directrice adjointe du MARQ s'est appuyée non seulement sur les collections du musée (dont plusieurs pièces acquises par l'AMA), mais aussi sur plusieurs travaux universitaires récents (dont celui d'Audrey Collombey) et sur les collections du Musée de Nancy pour rendre justice à un dessinateur et graveur, jusqu'alors connu des seuls bibliophiles.

Bien évidemment, l'AMA proposera prochainement des visites de cette exposition à ses adhérents.

Vous pouvez retrouver l'actualité de l'exposition sur la page internet du Musée d'Art Roger-Quilliot ou sur la page d'évènement.

Jules Chadel, nature & mouvementJules Chadel, nature & mouvement

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Une huile de Fleury pour le MARQ

17 Janvier 2015, 17:59pm

Publié par Michel GANNE

Une huile de Fleury pour le MARQ

Un musée qui ne s'enrichit pas est un musée qui meurt."

Fidèle à cet adage, l'Association des Amis des Musées (AMA) de Clermont-Ferrand, parmi ses nombreuses activités a pour objectif l'enrichissement des collections des trois musées clermontois.

En présence de Madame Isabelle LAVEST, nouvelle Adjointe à la culture et de Madame Nathalie ROUX, Directrice du MARQ, le président des Amis des Musées, Michel GANNE, accompagné de membres du conseil d'administration vient de remettre au Musée d'Art Roger-Quilliot, une huile sur toile du peintre Léon FLEURY représentant La Tiretaine à Royat, dont c'est la première représentation connue (1837 ou avant?) sur toile (les autres sont graphiques).

On y voit un pont de planches qui précéda un pont de pierres (1838) parcouru par une lavandière qui se rend au moulin, l'écume bouillonnante du ruisseau et de vieilles maisons. Tout a changé. C'est bien le côté pittoresque qui attirait les peintres en Auvergne. Ceux-ci ne manquaient pas de s'y arrêter à l'aller ou au retour d'Italie. Au XIXe siècle, notre région était pour les artistes une étape obligée

Léon FLEURY (1804-1858), ami de Corot, fut de ceux-là, il obtint une médaille au Salon pour ses vues de l'Auvergne en 1837-1838. Curieusement, le musée clermontois ne possédait jusque-là aucune de ses œuvres!

Le don des Amis des Musées vient à point nommé combler cette lacune.

 

Le tableau sera exposé prochainement dans les salles dédiées à l'Auvergne vue par les peintres.

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Armand Guillaumin, un impressioniste en Auvergne

16 Février 2014, 01:11am

Publié par S j Rodier

Armand Guillaumin,

(accèder à la chronologie)

 

Dans sa salle consacrée au voyage en Auvergne, le Musée d’Art Roger-Quilliot présente quatre huiles sur toile d'Armand Guillaumin.

En 1995, l'établissement clermontois avait déjà accueillit une exposition consacrée à l’œuvre peinte et gravée de ce peintre qui, mort en 1827, fut le dernier des impressionistes. Quoi de plus naturel quand on pense aux liens qui unissaient l’artiste et le Massif Central. Sa mère, née à Clermont-Ferrand[1], était originaire des Combrailles ; lui-même, incontestablement, était un enfant du Bourbonnais[2] où s’enracinèrent certaines de ses plus solides amitiés[3].

Armand Guillaumin, Vue du Puy-de-Dôme (huile sur toile, 43x55 cm ; collection particulière)

Armand Guillaumin, Vue du Puy-de-Dôme (huile sur toile, 43x55 cm ; collection particulière)

Quoique le plus méconnu parmi les maîtres de l’impressionnisme, Armand Guillaumin occupe une place centrale dans l’histoire du mouvement. Né en 1841, l'année même où John Goffe Rand dépose, à Londres, le brevet du tube de peinture, il est de la même génération que Monet, Renoir ou Berthe Morizot. Enfant, il est initié à la peinture, sous la houlette de M. Judot à Moulins, puis - jeune homme - il se perfectionne à l’école communale des Petit Carrreaux[4], où son oncle Bernard a accepté qu’il s’inscrive. En 1861, il rejoint l’académie Suisse[5] où il rencontre Camille Pissarro, de 10 ans son aîné, puis Cézanne, quelques mois plus tard.

Guillaumin au pendu"Guillaumin au pendu", gravure par Cézanne

Peindre en impressionniste, ... mais surtout peindre !

En 1863, Armand Guillaumin expose, avec eux, au Salon des refusés ; il a 22 ans, et assiste au triomphe – empreint de scandale - du déjeuner sur l’herbe de Manet. Il participe ensuite, de 1874 à 1886, à la plupart des expositions impressionistes[6] et ce sont de vrais liens d’amitié et de compagnonnage qui le lieront à Pissarro, Cézanne, Gauguin ou aux frères Van-Gogh.

E. Manet, Le déjeuner sur l'herbe

Les deux trains par Armand Guillaumin

 

Armand Guillaumin,Les deux trains.

 

Sur le plan professionnel, il choisit de rompre avec les projets familiaux qui le destinne vraisemblablement à la boutique.

Issu de cette classe intermédiaire où se mêlent alors fonctionnaires, petits métiers du droits et commerçants[7], guère argenté mais instruit et cultivé, il quitte ainsi, en 1860, son emploi de calicot pour le service des titres de la Compagnie du Chemin de Fer Paris-Orléans. Sans doute ne s’était-il jamais senti l’âme d’un marchand en lingerie ou d’un tailleur mais, surtout, ce nouvel emploi lui laisse ses dimanches et facilite ses déplacements vers les campagnes de l’Ile-de-France. Dès lors il peut ainsi peindre à l’extérieur, « sur le motif » comme les autres « pleinairistes ».

Après un court intermède de deux ans où il tente de vivre de sa peinture – en réalisant parfois des stores ou des enseignes – c’est encore afin d’avoir du temps pour peindre qu’il choisit d’intégrer le service d’hygiène de la ville de Paris comme piqueur. La profession peut sembler peu reluisante mais, étant d’équipe de nuit, elle lui libère l’essentiel de ses journées pour peindre. Or, pour pouvoir peindre, Armand Guillaumin est prêt à tous les sacrifices, y compris celui de sa vie privée[8].

Comme tous les impressionnistes, il cherche à poser, sur la toile, non seulement le motif mais aussi l’instant, dans tout ce qu’il peut avoir de fugitif. Dans ce domaine, les œuvres exposées au MARQ sont significatives, on y perçoit toute l’instabilité, presque la furtivité, qui peut exister dans un paysage soumis à la météorologie montagnarde et à la grande variabilité de la lumière.

Armand Guillaumin, Vue de Saint-Sauves (1895 ; huile sur toile ; Musée d'Art Roger-Quilliot, don de l'AM'A)

Armand Guillaumin, Vue de Saint-Sauves (1895 ; huile sur toile ; Musée d'Art Roger-Quilliot, don de l'AM'A)

Parce qu’ils peignent « le vrai », les impressionnistes assouplissent la distinction entre motif et arrière-plan. Parallèlement, voulant peindre le concret ils acceptent, au nom du réel, l’existence d’espace vide, en pleine lumière, sans chercher à les meubler. En ce sens les prairies de la Vue de Saint-Sauves, ou du Petit vallon à Pontgibaud, ne sont pas sans similitudes avec le plancher de la Classe de danse de Degas.

 

Armand Guillaumin, Petit vallon à Pontgibaud, huile sur toile, vers 1890

 

Pour autant, les œuvres de Guillaumin sont généralement structurées, notamment après 1880. Il ne s’agit pas de composition, mais le souci du réel n’exclut pas l’esthétisme. Le choix du motif dépend donc de cette contrainte et c’est presque naturellement que les espaces se définissent.

Dès l’origine, et avec constance, l’œuvre de Guillaumin est tenue en haute estime par ses pairs. Gauguin par exemple le juge « rempli de talent »[9] tandis que Cézanne dit de lui qu’il « est un artiste de grand avenir et un bon garçon que j'aime beaucoup »[10].

Peindre mais sans théorie

Ce qui rapproche les artistes qui assument - durablement ou pour quelques temps - la qualification d’impressionniste, c’est essentiellement leur rupture avec l’académisme, bien plus que la réalité de leur art. Dès lors ils ne forment pas un groupe immuable et en tout point cohérent.

L’histoire de l’impressionnisme est émaillée de nombreux conflits qui n’épargnent pas Guillaumin. Ainsi, celui-ci ne partage pas la position de Degas, qui continue de prôner la primauté du dessin sur la couleur. C’est dans cette divergence de vue que les exclusions de son ami Cézanne -et de lui-même- par Degas lors de la IIe exposition impressionniste[11] trouvent une partie de leur origine.

Impressionnistes à Auvers sur Oise en 1873 dont Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand GuillauminA ce sujet, même s’il n’est pas d’un caractère foncièrement plus facile[12] que les autres impressionnistes, Armand Guillaumin semble répugner à participer aux affrontements que ceux-ci se livreront jusqu’à la dispersion du groupe[13]. Capable de défendre une opinion[14], il préfère néanmoins toujours peindre à débattre[15]. Il évite ainsi les conflits d’écoles et de courants, perte d’un temps qui lui est rare[16]. Malheureusement pour sa postérité, il se met ainsi en marge des affirmations artistiques. Peignant selon son idée, il n’est pas homme des revendications picturales[17], ce qui participe sans doute à son relatif oubli[18] et au mépris que lui affichèrent certains critiques. Aimant conseiller les jeunes artistes[20] – du moins s'ils ont du talent -, s'intéressant au travail des avants gardes[19], il ne veut cependant ni théoriser, ni révolutionner, se condamnant à ne se voir reconnaître par les admirateurs de celles-ci que les « qualités honnêtes d'un artisan »[21].

Un paysagiste

Son œuvre, si elle présente une unité, n’en est pas pour autant uniforme. Guillaumin touche à tous les genres avec un même bonheur. Portraitiste de talent – d’abord pour vivre, puis, après son mariage, de l’intimité familiale, il sait peindre de très belles natures mortes (surtout lorsque le temps est mauvais), des nus féminins[22], voire des tableaux à la limite de la scène de genre[23].

Ses pastels sont admirés tant par la critique que par ses confrères et, dès 1872, il s'est initié à la gravure chez le Dr Gachet, en même temps que Cézanne.

 

   

Mais c'est surtout en peintre paysagiste qu'Armand Guillaumin se préfère. Ces tableaux peuvent alors avoir un angle de vue large ou particulièrement serré, s’enfermer dans un vallon presque sans ciel[26], s’attacher à représenter la rue ou la place d’un bourg[27], ou au contraire embrasser tout un plateau[28].

 

Armand Guillaumin, Les grottes de Pranal près de Pontgibaud (huile sur toile, 72,0x73,5 cm ; Musée de Gand)

Armand Guillaumin, Les grottes de Pranal près de Pontgibaud (huile sur toile, 72,0x73,5 cm ; Musée de Gand)

Avec le même talent, il peut représenter un village d’Ile-de-France animé de personnages et de volailles, des landes désertes, des vues urbaines – voire industrielle[29] – ou, les paysages givrés de Crozant.

La neige à Ivry

La neige à Ivry
 


 

Canal en Hollande
 

De son travail avec Pissarro, il a gardé le goût des perspectives ouvertes par des chemins tournants. Bien souvent, les courbes qui parcourent les toiles de Guillaumin sont aussi scandées par des successions d’éléments verticaux. C’est ainsi que, fréquemment, des arbres, presque erratiques, se limitant à des troncs dessinés de gros traits noirs et à l’architecture d’une ramure baignée d’un halo ou de flammèches colorés, « se crispent à des pentes fuyant vers des maisons »[30].

Environs de Pontoise en Ile de France  (73x92 - c.1885)

Paysage de Saint-Sauves (1900)

Pour autant, les tableaux ne sont pas réfléchis et Armand Guillaumin a toujours revendiqué la peinture de l’instant.

Pour cela, s’il peut réaliser de nombreuses vues d’un même paysage, il se refuse toujours à revenir deux fois dans la même journée sur un même lieu et finit par s’interdire toute retouche en atelier. Chaque matin, qui commence avant l’aube, et chaque soir, qui ne s’achève qu’avec la nuit, il n’a que quelques heures pour réaliser chaque tableau. Il doit donc procéder par touches plus ou moins grandes de peinture presque pure laissant, en bien des endroits, la toile visible.

Paysage à Pontgibaud (huile sur toile, 65,0x81,0 cm ; c.1895)

 

 

Armand Guillaumin, Campagne à Pontgibaud (1893)

 

Un coloriste

Mais ce qui caractérise le mieux l’œuvre de Guillaumin, c’est la couleur. Fénéon le présente comme un « coloriste forcené »[31] ; Huysmans comme « un coloriste féroce » précisant qu’« au premier abord, ses toiles sont un margouillis de tons bataillant et de contours frustres, un amas de zébrures de vermillon et de bleu de Prusse ; écartez-vous et clignez de l’œil, le tout se remet en place, les plans s’assurent, les tons hurlants s’apaisent, les couleurs hostiles se concilient et l’on reste étonné de la délicatesse imprévue que prennent certaines parties de ces toiles »[32].

Avec le temps, son tempérament s’est assagi et son style s’est éloigné des naturalistes romantiques aux tons sombres dont il était si proche jusqu’au début des années 1870. En regardant ses toiles peintes après 1885, on voit comment il a remis de la rigueur dans son dessin mais aussi comment ses touches deviennent subjectives, ses couleurs denses et expressives. On comprend alors bien vite pourquoi il est considéré comme un précurseur du fauvime. Durand-Ruel fit d’ailleurs remarquer qu’il faisait « du fauvisme avant la lettre » dès l’exposition de 1886. Avant toute chose, Guillaumin n’aime pas les couleurs froides. Ainsi il n’aime pas les paysages d’été, trop vert, et qui ressemblent à des « tas d’épinards »[33], et quand il se rend à Agay, pour peindre la mer, ce qui l’enthousiasme ce n’est pas les couleurs changeantes de celle-ci mais le vermillon des rochers rouges de l’Estérel[34]. N’indique t’il pas lui-même qu’il se « sert de la couleur presque arbitrairement pour s’exprimer fortement » ?

Armand Guillaumin, Le village de Peschadoire (huile sur toile ; c.1895, Neue Pinakothek, Munich, Germany)

 

deux vues d'Agay

Cette importance de la couleur, elle caractérisera toute la suite de l’œuvre de Guillaumin, même lorsque sa palette s’éclaircira avec les gelées blanches de Crozant, si demandées par ses marchands et que le vieux peintre aime tant peindre. Car, incontestablement, Guillaumin est le peintre de Crozant[35]. Pour autant, cela ne doit pas faire oublier qu’il peignit bien d’autres lieux : l’Ile-de-France[36] évidemment mais aussi la Bretagne[37] et la Normandie[38], puis avec l’amélioration de sa situation financière, la Côte d’Azur[39], le Dauphiné[40], la côte charentaise[41] ou même les Pays-Bas. A plusieurs reprises il a également posé son chevalet en Auvergne, d’abord dans les environs de Pontgibaud[42] où il conservait apparemment des attaches familiales[43].

Armand Guillaumin, Le hameau de Peschadoire au soleil, (huile sur toile, 80,3x65,0 cm ; novembre 1895 ; Musée des Beaux Arts de Rennes (dépôt du Musée du Louvre))

Armand Guillaumin, Le hameau de Peschadoire au soleil, (huile sur toile, 80,3x65,0 cm ; novembre 1895 ; Musée des Beaux Arts de Rennes (dépôt du Musée du Louvre))

En octobre 1889, Gauguin s’inquiète ainsi de savoir si Guillaumin a « rapporté de bonne études » de son séjour estival en Auvergne[44]. Le Pont dans les montagnes du Musée des Beaux-Arts de Boston daterait de cet épisode[45].

Armand Guillaumin, Pont dans les montagnes (huile sur toile ; 65,4x 81,9 cm ; août 1889 ; Museum of Fine Arts (Boston))

Armand Guillaumin, Pont dans les montagnes (huile sur toile ; 65,4x 81,9 cm ; août 1889 ; Museum of Fine Arts (Boston))

Comme beaucoup de tableaux d'Armand Guillaumin, cette toile est dédicacée. On trouve là un autre motif qui expliquerait, selon Christopher Gray, le relatif oubli dont souffre l'oeuvre de Guillaumin : sa promtitude à donner ses tableaux aussitôt réalisés, sortant ainsi des réseaux et s'éloignant des enjeux de ces marchands d'art qui font les tendances. Au moins deux des oeuvres du MARQ ont suivi ce parcours, La Vue du Sancy, décicacée "à mon ami [illisible]" et le Paysage près de Saint Julien des Chazes qu'il offrit au sculpteur Paulin.

Paysage près de Saint-Julien-des-Chazes (huile sur toile ; 1900 ; Musée d'Art Roger-Quilliot)

Paysage près de Saint-Julien-des-Chazes (huile sur toile ; 1900 ; Musée d'Art Roger-Quilliot)

En août 1890 il est de nouveau dans sa famille auvergnate et ne peut, à cause de cela, assister aux obsèques de Vincent Van Gogh. Il rapportera notamment de ce séjour Meules sur le plateau de Bromont où se dessine la silhouette de la chaine des Puys.

En 1895, pour les vacances scolaires, c’est toute la famille Guillaumin, qui passe l’été dans les environs de Pontgibaud[47] y restant jusqu’en octobre. Quelques temps auparavant le peintre avait fait un court séjour à Saint-Julien-des-Chazes dont la gare se situe sur la ligne Nîmes-Clermont-Ferrand.

Armand Guillaumin,  Le village de Saint-Julien des Chazes (huile sur toile, 1895(?))

Armand Guillaumin, Le village de Saint-Julien des Chazes (huile sur toile, 1895(?))

En février 1896, remontant sans doute d’Agay pour rejoindre son épouse, qui accouchera cinq semaines plus tard de leur quatrième enfant, il passe quelques temps à Saint-Sauves, peignant cette Vue du Sancy depuis Saint-Sauves le 14 février.

Armand Guillaumin, Le Sancy vu de Saint-Sauves d'Auvergne, 1896 (huile sur toile ; 60x72 cm ;  Musée d'Art Roger-Quilliot)

Armand Guillaumin, Le Sancy vu de Saint-Sauves d'Auvergne, 1896 (huile sur toile ; 60x72 cm ; Musée d'Art Roger-Quilliot)

Dans l’hiver 1899-1900, il est de retour dans cette commune, profitant peut-être de l’ouverture de la ligne de chemin de fer de Laqueuille à la Bourboule au cours de l’été précédent[48] ; n'oublions pas en effet que, s'il a pu peindre tant de coinsdifférents de France, c'est que le train à vapeur les lui rendait accessible.

Lors de ce séjour  Il peint divers paysages dont au moins trois versions d’une même Vue de Saint-Sauves.

"Saint Sauves sous la neige"  (anciennement collection du Petit-Palais de Genève) et "Vue de Saint-Sauves" (MARQ), deux des trois tableaux de Guillaumin reprenant cette même vue à des heures ou des saisons différentes
"Saint Sauves sous la neige"  (anciennement collection du Petit-Palais de Genève) et "Vue de Saint-Sauves" (MARQ), deux des trois tableaux de Guillaumin reprenant cette même vue à des heures ou des saisons différentes

"Saint Sauves sous la neige" (anciennement collection du Petit-Palais de Genève) et "Vue de Saint-Sauves" (MARQ), deux des trois tableaux de Guillaumin reprenant cette même vue à des heures ou des saisons différentes

En regardant toutes ces toiles réalisées en Auvergne, on remarque que si les peintres du réel aimaient  à peindre la vraie vie, Armand Guillaumin, dès qu'il put s'éloigner de ces foules urbaines qu'il n'aimait pas, devint, peu à peu, le peintre des décors de la nature, sans figure humaine pour justifier la toile - le climat seul ne pouvant expliquer ce désert humain ; Il se veut pleinement paysagiste.

Hiver à Saint-Sauves (huile sur toile, 73,5x92,5 cm ; 1900 ; anciennement Petit-Palais, Genève)

Hiver à Saint-Sauves (huile sur toile, 73,5x92,5 cm ; 1900 ; anciennement Petit-Palais, Genève)

De 1906, enfin, on connaît un Bords de la Sioule, manifestement estival, qui semble attester d’un nouveau séjour dans les environs de Pontgibaud et qui marque un retour aux grands aplats.

 

Armand Guillaumin, Bords de la Sioule (huile sur toile, 62x72 ; 1906)

Armand Guillaumin, Bords de la Sioule (huile sur toile, 62x72 ; 1906)

Armand Guillaumin, qui "dans le domaine de la peinture, […] habite une sphère supérieure" selon l’expression de Courrières, réalisa donc de nombreux paysages auvergnats et il relevait de l’évidence que l’AMA fasse le nécessaire afin que puissent être visibles aux cimaises du MARQ Vue de Saint-Sauves (en 2000) et Vue du Sancy depuis Saint-Sauves (en 2011) [50].

 

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